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    Regard
    Relocaliser le chanvre textile en France, quel intérêt ?

    Relocaliser le chanvre textile en France, quel intérêt ?

    On vous a déjà parlé du chanvre dans un précédent article : sa culture, ses avantages écologiques, mais aussi les raisons de son déclin en Europe. Si le chanvre est une part faible de nos textiles aujourd’hui, quel est l’intérêt de le relocaliser et de remettre à l’honneur cette plante ?

    Le chanvre, la plante la plus écologique du monde textile : rappel.

    Cultivé depuis le néolithique, le chanvre est une des premières plantes utilisée pour créer des textiles. Cultivé depuis le néolithique, le chanvre est une des premières plantes utilisée pour créer des textiles. Les tissus à base de chanvre sont robustes, antibactériens ou encore isolants. Niveau textile, c’est donc une matière naturelle parfaite.

    Pour ce qui est de sa culture, c’est aussi une plante idéale : elle pousse sur toutes les régions du globe, sans avoir besoin de beaucoup d’eau grâce à ses racines qui s’enfoncent profondément dans le sol. Pas d’insecticides non plus grâce à sa forte odeur qui repousse les parasites. La cerise sur le gâteau : pas besoin d’herbicides, le réseau racinaire du chanvre est ultra dense, ce qui étouffe les autres espèces qui chercheraient à pousser à ses pieds.

    En bref, le chanvre est naturellement biologique, peu demandeur et nous offre une fibre robuste et saine pour la peau. Que demander de mieux ! Mais alors on peut se poser une question : pourquoi on voit si peu de chanvre dans le textile actuellement ? 

    Le déclin du chanvre est principalement dû à sa mauvaise image, et la facilité de transformation du coton. Dès 1937, aux États-Unis, est promulgué le Marijuana Tax Act qui empêche les agriculteurs de faire pousser du cannabis dans leurs champs. Comme il est difficile de différencier le chanvre et son cousin psychotrope, le chanvre est aussi décrié. C’est d’ailleurs un peu le cas, encore aujourd’hui, puisque les agriculteurs français doivent régulièrement prouver via des échantillons que leurs champs ne contiennent pas de drogues.

    De plus, le coton est plus simple à travailler, ses fibres sont directement prélevées et n’ont pas besoin d’être teillées, enlevant ainsi des étapes de transformation.

    Malgré la mainmise du coton, la France reste le plus gros pays producteur de chanvre en Europe. Mais, il n’est pas à destination du textile.

    La filière chanvre en France, état des lieux.

    Premier constat  

    Le chanvre français a du mal à finir dans nos vêtements alors que c’est une filière textile ultra locale parmi les plus vertueuses qui existe à ce jour. Si la France est aujourd’hui le premier producteur européen de chanvre, il est à destination de l’isolation, du bâtiment, ses graines entrent dans l'alimentation humaine et animale et il finit parfois dans le paillage ou en litière

    Deuxième constat 

    La filière textile n’existe plus : tout le savoir-faire a disparu dès la fin des années 1950, lorsque les filières textiles ont été délocalisées en Europe de l’Est ou en Asie.  La majorité du chanvre textile français et européen est encore envoyé en Chine pour être transformé en tissu (filage et tissage). 

    Relocaliser le chanvre textile en France, quel intérêt ?

    Troisième constat 

    Le débouché mondial dans le textile reste marginalisé. Bien que le chanvre ait le vent en poupe en ce moment et que sa production ne cesse d’augmenter pour le débouché textile, il ne pèse pas lourd dans la balance : à lui seul, le coton représente 75 % de la production mondiale de fibres naturelles. Le lin en représente près de 3 % et le chanvre un peu plus de 0.5 %. 
    Cela entraîne un manque d’innovation dans le domaine mais aussi un prix assez élevé. Cela contribue forcément à freiner une adoption qui pourrait être plus massive.

    La meilleure fibre naturelle encore trop marginale pour devenir le textile de demain.

    Cette filière textile est donc encore trop marginalisée aujourd'hui et toujours menacée au niveau européen. Vous l’avez compris, même si la France et d’autres pays européens sont redevenus de très bon producteur de chanvre textile, il est expédié en Asie pour la transformation textile. Le savoir-faire en Europe pourrait renaître mais il faut soutenir les acteurs dès maintenant et sensibiliser sur la question.

    C’est vraiment dommage car à l’heure ou on cherche des solutions pour une industrie textile plus verte, le chanvre est là sous nos yeux, plein de qualités exceptionnelles. Le chanvre reste donc à ce jour la fibre naturelle la plus écologique du monde textile et ce depuis 8000 ans.

    Les matières présentées comme de nouvelles alternatives dans le monde textile restent encore beaucoup trop polluantes quand on les compare au chanvre (notamment le polyester recyclé, les cuirs "végétaux" souvent composés au moins à 50% d'intrants plastiques).

    Le faible impact du chanvre sur l'environnement par rapport au coton, vorace en eau (2.500 litres pour un T-shirt, 8.000 pour un jean) et en pesticides, plaide pour lui. Le chanvre résiste aussi aux conditions météo extrêmes (sécheresse et fortes pluies).

    À l'heure où la réduction de l'empreinte carbone s'érige en priorité, une fibre textile qui ne nécessite ni herbicides ni pesticides et produit beaucoup de biomasse, tout en captant de 9 à 13 tonnes de carbone par hectare, attire forcément l'attention mais l’essai reste à transformer.

    Virgocoop : une solution à soutenir.

    L’innovation avec Virgocoop

    En France, Ubac se mobilise aux côtés de la société coopérative Virgocoop pour relocaliser la filière du chanvre, si vertueuse. Virgocoop, c’est un organisme coopératif qui a pour but d’accélérer l’émergence de projets écologiquement et socialement responsables sur nos territoires. Son premier objectif est de valoriser et d’encourager le développement de l’industrie du chanvre. C’est pourquoi nous avons choisi de nous engager avec Virgocoop : c’est l’occasion de prouver que nous pouvons relocaliser en France la filière textile du chanvre. Pour le moment, ce projet en est encore à l’étape de test, mais le chanvre français pourrait bientôt intégrer notre production. 

    En attendant, le chanvre de KANA est récolté et filé en Espagne là où le savoir-faire renaît malgré le règne du polyester et du coton produit majoritairement en Asie.

    Relocaliser le chanvre textile en France, quel intérêt ?

    Aujourd’hui, Virgocoop est déjà en partenariat avec plusieurs agriculteurs et la région Occitanie. 75 hectares ont été plantés en 2021, ce qui a donné 300 tonnes de pailles prête à être défibrée et à intégrer les processus de test pour créer du fil. Après avoir fait plusieurs essais avec du lin de Normandie, du coton de Turquie ou encore de la laine, plusieurs fils sont entrés dans le catalogue Virgocoop. Le plus gros défi reste encore à venir : réussir à tisser un fil entièrement en chanvre.

    L’intérêt de la relocalisation.

     Quel intérêt Virgocoop et Ubac ont-ils à relocaliser la filature et le tissage du chanvre en France ?

    Déjà, question empreinte carbone, il est très intéressant de travailler avec une matière qui pousse en France. À l’heure actuelle, le plus gros exportateur de chanvre textile est la Chine, ce qui implique un long trajet jusqu’aux ateliers de production de Ubac. Notre chanvre est cependant cultivé en Espagne, mais on aimerait pouvoir rendre cette filière encore plus locale.

    De plus, faire renaître la filière du tissage et du filage du chanvre en France est intéressant pour créer des emplois et renouer avec un savoir-faire d’excellence aujourd’hui disparu.

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